mercredi 5 décembre 2018

Préparer Noël à la mode de Bogota

Déjà la dimanche dernier, ça nous avait fait bizarre d'entrer en Avent en short et en petite robe d'été... Aujourd'hui nous sommes donc rentrés de plein pied dans les préparatifs de Noël à la mode de Bogota.

Ca fait déjà quelques temps que les sapins et les décorations de Noël fleurissent un peu partout. Dès la mi-novembre, quand ils ont fini de ranger les décorations d'Halloween, les bogotanais sortent les décorations de Noël ! Il y a d'ailleurs un métier qui ne doit exister qu'ici : installateur de sapin de Noël ! La main d'oeuvre est tellement peu chère qu'on paye quelqu'un pour venir installer le sapin, souvent loué d'ailleurs, et toutes les décorations de Noël dans la maison.

Aujourd'hui, Adriana nous entraîne pour voir une spécialité de Noël à Bogota : les illuminations de Montserrate.

Montserrate, nous connaissons déjà (les curieux peuvent se reporter aux billets respectifs de nos voyages de 2012 et 2015. Mais nous n'étions jamais montés de nuit, ni a fortiori pendant la période de Noël. Nous voilà donc partis pour prendre le funiculaire, et quand nous arrivons, nous pouvons constater qu'effectivement, les colombiens sortent le grand jeu pour Noël !




A première vue, ça semble très chargé... mais petit à petit on entre dans la magie de ces décors qui jalonnent toute la montée du chemin de croix vers le sanctuaire et qui sont vraiment démesurés. Les enfants ont les yeux qui brillent et courent d'une scène à l'autre en poussant des "ohhhh" et des "ahhhh" d'admiration. Le petit dernier n'est pas en reste et court partout avec ses soeurs et nous appelle à grand cri pour nous faire admirer ses dernières découvertes.



Ce qui fait également chaud au cœur, c'est que Noël, là bas, reste Noël. Un Noël chrétien, avec la crèche, les anges... le tout en version "gigantesque".

L'apothéose de la promenade, c'est la crèche à l'intérieur du sanctuaire : elle est immense, magnifique et dotée de personnages automates qui bougent : pêcheur qui relève sa ligne, charpentier qui cloue ses planches, boulanger qui sort ses pains du four... jusqu'à la Ste Vierge qui balance la mangeoire - vide pour le moment - du petit Jésus.






Emerveillés et comblés de toutes ses lumières - "C'est les plus belles décorations que j'ai jamais vues" nous dit Isaure - les 3 se sont effondrés de sommeil dans la voiture et sont allés se coucher directement sans dîner.


Retrouvailles

Aujourd'hui, pour le déjeuner, nous avions rendez-vous avec Jocelin et Margarita, nos amis colombiens qui nous avaient tant aidés lors de nos deux premiers voyages. C'était eux qui, à la demande de leur nièce, amie du foyer de Courset, nous avaient trouvé nos appartements lors de nos deux premières adoptions et qui nous avaient aidés à nous installer et à nous repérer dans le quartier.

Nous les retrouvons au Parc de la 93, près de notre appartement, pour aller manger des crèpes (pas tout à fait bretonnes) chez Crepes & Waffle, l'un des endroits préférés des enfants parce qu'ils font des super bonnes glaces.

Ils sont d'abord tout étonnés, pensant nous retrouver avec un bébé dans les bras... et découvrant un petit bonhomme déjà haut comme trois pommes ! Ils sont émus de voir les filles toute grandies et déçus de ne pas retrouver Paul. Quand on leur montre des photos, ils disent qu'ils ne l'auraient pas reconnu !

Nous passons un repas chaleureux à rattraper le temps perdu, à raconter comment les enfants ont grandi, à montrer des photos de notre nouvelle maison... Quand nous nous quittons, nous nous promettons de revenir bien vite en vacances en Colombie pour continuer à tisser ces liens si précieux d'amitié !



mardi 4 décembre 2018

Sentencia ! C'est parti pour toute la vie !

Grand jour aujourd'hui : nous sommes allés signer le jugement d'adoption qui fait de nous les parents de Louis pour toute la vie !

Jairo est venu nous chercher aux aurores, à 7h30, avec nos valises prêtes car le programme est serré ! Nous devons aller au tribunal signer le jugement, puis faire établir le nouvel acte de naissance de Louis à notre nom et enfin, aller déposer sa demande de passeport à Bogota !

Première étape, donc, le tribunal. Nous retrouvons le bâtiment qui nous est désormais familier, avec son patio à la fontaine qui amuse tant les enfants !



Les greffiers n'ont pas changé, la juge non plus. Comme chaque fois, il faut relire attentivement le jugement pour éviter les erreurs, et comme chaque fois, il y en a (dans les dates, dans les noms...). Par contre, cette fois, nouveauté, la juge nous fait passer dans son bureau pour un petit entretien. Elle demande comment s'intègre Louis (très bien, y'a qu'à avoir comment il rigole avec ses soeurs) et nous félicite pour cette nouvelle adoption, en nous disant qu'elle nous admire pour notre famille nombreuse. En sortant du bureau, question angoissée d'Isaure : "alors, elle a dit oui, la dame ? C'est bon ? Louis va pouvoir être notre petit frère pour toujours ?" Mais oui, ma chérie, c'est un grand oui !



Enfin, nous signons le jugement et nous voilà officiellement parents pour la 4ème fois !


Vient ensuite la longue attente des diverses copies du jugement, qu'il faut certifier conforme... Pendant ce temps, Jairo file à la notaria pour faire établir le nouvel acte de naissance de Louis... malheureusement, le notaire en chef, seul habilité à le faire, n'est pas là. Pas grave, nous dit Jairo, on le fera dans une notaria de Bogota.

Nous prenons donc le chemin du retour vers la capitale, en profitant du trajet de jour pour admirer les somptueux et vertigineux paysages qui nous ramènent vers le haut plateau de Bogota. Et là... c'est parti pour les bouchons : au total, nous aurons mis 3h30 pour faire 80km...

Direction donc la notaria pour faire le nouvel acte de naissance : nouvelle déconvenue, le notaire demande un délai et il faut revenir dans l'après-midi pour chercher le nouvel acte. Du coup, impossible d'aller déposer dès aujourd'hui la demande de passeport, le service ferme à 15h...

Nous prenons donc le temps de déjeuner et de célébrer comme il se doit avec de bonnes glaces l'agrandissement officiel de la famille !




dimanche 2 décembre 2018

Un vrai petit poisson

Depuis le premier jour ici, à Anapoima, je me dis que Louis est tellement à l'aise dans l'eau qu'on pourrait déjà lui apprendre à nager. Mais j'attendais qu'il soit réellement en confiance avec nous pour lui proposer de retirer son gilet de natation.

Ce fut chose faire aujourd'hui ! Le moins qu'on puisse dire, c'est qu'il n'a absolument pas peur, il se lance, tête sous l'eau, boit la tasse, rigole, recommence, se lance seul... Alors, on ne peut pas vraiment dire qu'il nage, mais c'est carrément en bonne voie ! Je pense que Mamina et Bon Papa n'auront pas trop de travail l'été prochain pour le rendre réellement autonome !






Le post botanique !

Un voyage en Colombie ne serait pas un voyage en Colombie sans le traditionnel post botanique pour Maman et Françoise ! Et autour de la maison d'Anapoima, juste en tournant la tête, on en prend déjà plein les mirettes.

Je commence par la vue, qui ce soir en fin de journée était bien dégagée avec une belle lumière.





Et puis, le tour du jardin (enfin, de la jungle comme l'appellent les filles !) où nous avons de beaux spécimen, au milieu des manguiers (oui, nous n'avons qu'à tendre le bras pour cueillir les mangues du petit déjeuner ! Il y en a tellement qu'on ne peut pas les cueillir toutes, on les entend tomber la nuit).








samedi 1 décembre 2018

Hasta luego, Paul !

Aujourd’hui, nous disons au revoir à Paul, qui rentre en France en mineur non accompagné. En effet, en 4ème, difficile de manquer trop longtemps le collège. Nous avons négocié deux semaines avec le directeur, à la condition qu’il travaille tous les jours à distance, grâce aux camarades qui lui envoyaient les cours et les devoirs (il a d’ailleurs réussi à obtenir à distance un 20/20 à son dernier devoir de maths !). Mais voilà, les deux semaines sont bien vite passées et le départ est rude !

L’avantage du nouvel horaire du vol Air France, c’est qu’il part à minuit, ce qui permet de profiter encore de la journée. Et pour cette dernière journée, il aura un temps de rêve, sans doute la plus belle journée que nous ayons eue depuis notre arrivée à Anapoima ! Et Liliana lui a préparé pour son départ un repas typique de la région : la bandeja paisa (on va dire que c’est la feijoada locale, ça parlera aux brésiliens qui lisent ce blog).



A 17h30, notre chauffeur arrive. Les petits sont un peu désolés de le voir partir, ils lui font de gros bisous et l’accompagnent jusqu’à la voiture. Quant à nous, ça nous fait tout bizarre de finir le séjour sans lui !

Deux heures de route plus tard, nous voilà à l’aéroport… pour apprendre que le vol est retardé d’une heure. Comme nous avions pris de la marge, nous avons près de 5h devant nous avant le décollage ! Du coup, j’en profite pour emmener mon grand dîner en tête à tête au restaurant.


A 23h30, enfin, nous retrouvons l’hôtesse de l’air qui doit l’accompagner à l’avion. Ils sont quatre à voyager en tant que mineurs non accompagnés, les trois autres sont colombiens et partent en vacances à Paris.

Et hop, le voilà parti ! Comme un vieux routard de l’avion, le « au revoir » est viril et sans effusion ! Hasta luego, mon grand, passe un bon voyage !



(Quant à moi, je suis coincée jusqu'à 1h30 du matin à l'aéroport - car je dois attendre 20mn après le décollage pour quitter les lieux-  et j'ai 2h de route pour rentrer à Anapoima.... ça va piquer demain matin !!! Du coup je mets à profit, en écrivant ce billet, installée dans le hall des départs, en gardant à l'oeil le tableau des départs !)

jeudi 29 novembre 2018

Les journées se suivent et se ressemblent...

Voilà maintenant presque une semaine que nous sommes à Anapoima, et effectivement, les journées se suivent et se ressemblent, ce qui n'est pas un mal en soi ! Petit aperçu de notre journée type...

7h30 : réveil des enfants (ouf, depuis notre arrivée, ils ont rallongé leur nuit de sommeil !). Apparemment, ce serait - d'après les filles - Louis le premier réveillé. Il se lève et vient réveiller Isaure (qui dort le plus près de lui)... ce qui entraîne assez vite le réveil de Domitille... puis le nôtre quand les filles décident que c'est l'heure d'un câlin. Nous n'avons pas encore pu décider Louis à se joindre au câlin matinal, mais ça viendra, déjà il s'enhardit à rentrer dans notre chambre.

8h : en attendant l'arrivée de Liliana, notre "empleada", qui nous prépare le petit déjeuner, habillage de la petite troupe. Il faut lutter pour les habiller normalement, eux, ils enfileraient bien directement leur maillot de bain.

8h30 : petit déjeuner... pantagruélique ! Liliana nous gâte : nous avons le droit, selon les matins, à des pancakes, des arepas, des oeufs, des salades de fruits exotiques, des saucisses... En général, ce premier repas de la journée provoque un "on est vraiment trop bien ici" de la part de Paul.

9h30 : après une résistance héroïque d'une demi heure, on cède, et les enfants enfilent enfin leur maillot de bain pour la première baignade de la journée. Si on n'y met pas fin, elle peut durer jusqu'au déjeuner sans souci !









11h : je siffle la fin de la récré pour Isaure, c'est l'heure de l'école avec Maman. La maîtresse nous envoie chaque semaine un programme sur 4 jours, à adapter à notre rythme. On commence en général par le "cahier de Colombie" (petite tradition familiale, commencée lors de l'adoption d'Isaure avec Paul et perpétuée aujourd'hui par les 2 filles) : l'occasion pour elle de raconter ses aventures colombiennes... et hop, on travaille la narration, l'écriture et l'orthographe, ni vu ni connu. Puis un peu de lecture, de français et de maths. C'est souvent un peu rude (le cadre n'aide pas... et les maths, c'est vraiment pas son truc).




13h : on passe à table. Liliana nous prépare chaque jour de bons petits plats colombiens : sancocho (une sorte de pot au feu local), arroz con pollo (une sorte de riz aux petits légumes et au poulet effiloché), frijoles (qui nous rappellent un peu notre feijao brésilien), empanadas, barbecues divers et variés... Normalement, demain, c'est "ajiaco", on en salive d'avance !

14h15 : sieste pour les 2 petits. On nous avait dit que Louis ne dormais jaaaaammmmaaaiiiis ! Faux, archi faux : avec nous, il dort 1h30 chaque après-midi, sans aucun souci, il se couche sans rouspéter et se réveille frais comme un gardon et souriant. Et nous, on profite d'un temps calme in-dis-pen-sa-ble ! Isaure alterne les jours de sieste (quand elle le demande) et les jours de "Cités d'Or". Pendant ce temps, c'est le tour de Paul de se coller au travail scolaire. On récupère par mail et par whatsapp les différents cours, et c'est parti. Il a même pu rendre en temps et en heure son devoir maison de maths, la prof était épatée.

15h45 : réveil de la troupe... et re-piscine !!! Ils ne s'en lassent jamais. A peine s'interrompent-ils le temps d'un goûter. Il faut dire que même quand le temps est couvert, il fait 25° et l'eau est à la même température !


17h30 : fin obligée de la baignade, car le jour baisse. Tout le monde se rhabille et c'est parti pour les cavalcades et les cache-cache des 3 plus jeunes dans toute la maison. C'est juste épatant de voir comment ils parviennent à se comprendre et se faire comprendre. Louis imite ses 2 soeurs, et ils passent leur temps à rigoler. La vérité oblige à dire que ça ne va pas sans quelques petites frictions, car le bonhomme n'est pas encore tout à fait habitué à partager et Domitille pas toujours prête à abandonner ses privilèges de petite dernière...


18h45 : douche... collective ! Enfin, pour les 3 plus petits ! Je les mets tous les 3 dans la douche, ils se bidonnent, et en un quart d'heure, tout le monde est en pyjama !

19h : réchauffage du dîner préparé par Liliana. Trop pratique ! Un coup de micro-onde ou de casserole et hop, c'est prêt ! Pendant ce temps, Paul met en général à ses petits frère et soeurs des comptines de Colombie sur Youtube.

19h30 : à table ! On dîne tranquillement. Il faut préciser que Louis a un très bon coup de fourchette, il mange de tout, deux fois et avec de la sauce ! C'est un vrai bonheur de le faire manger, il est vraiment hyper facile ! Et plus les jours passent, et plus il se décoince à table, il rigole avec ses soeurs, fait le pitre, interpelle l'un ou l'autre (le plus souvent Papa ou Paul)... Que du bonheur !

20h15 : dodo pour les 3 petits ! Suivant les jours (et le temps de baignade dans la journée), ils s'endorment immédiatement ou chahutent un petit moment avant de s'endormir. Mais on n'a jamais eu besoin d'élever la voix.

Ensuite, on profite de la soirée avec Paul, jusque vers 22h, en jouant aux cartes (on ne se refait pas !). Extinction des feux vers 23h pour nous, les nuits sont douces et agréables !