lundi 23 janvier 2012

Un voyage dans le temps - étape 2 : Villa de Leyva

Le voyage dans le temps continue : on fait un nouveau bond de 200 ans de plus en arrière, nous voilà au XVIIème siècle, en pleine colonie, au temps des vice-rois de la Nouvelle Grenade.

L'arrivée à Villa de Leyva est vraiment saisissante. D'abord en raison du contraste avec la région verdoyante de Bogota : le village est niché dans le fond d'une vallée aride. Ensuite, en raison de la présence si grandiose des montagnes qui dominent le village. Enfin, à cause de la grande unité architecturale du village, extrêmement bien conservé, avec ses petites maisons peintes à la chaux, leurs balcons sculptés, leurs volets verts...

On vous laisse découvrir par vous-même !






Vous aurez noté les magnifiques pavés... On nous avait conseillé baskets et regardé d'un air dubitatif quand nous avons chargé la poussette dans le coffre du taxi... Effectivement, les baskets sont indispensables (chères amies accros de vos louboutin et autres talons aiguille, vous pouvez oublier !) et la poussette... impratiquable !!!

Pas de souci, pensions-nous, nous avons le porte-bébé ! Que nenni !!! Car la petite demoiselle est absolument allergique au porte-bébé, et elle nous a fait une crise de nerf mémorable la seule fois où nous avons essayé de la mettre dans ce qu'elle semble considérer comme un instrument de torture insupportable !

Du coup, Philippe joue les sherpas, et porte la demoiselle tout le long de nos visites ! Et naturellement, Isaure apprécie !



Nous sommes superbement installés dans une posada, un petit hotel situé dans une maison classée monument historique, absolument magnifique, et nous y sommes comme des coqs en pâte. La chambre est cosy, et surtout, elle dispose d'une mezzanine qui tire des "ohhhh" d'émerveillement à Paul quand on lui annonce que c'est lui qui aura le privilège d'y dormir ! Le resto est délicieux (Philippe garde le souvenir ému d'une "chengua", une soupe de lait qui est le petit déjeuner traditionnel de la région du Boyaca)




Un voyage dans le temps - étape 1 : Puente Boyaca

Dernier post mercredi dernier !!! Certains devaient commencer à sérieusement s'impatienter !

C'est que, voilà, les papiers étant désormais entre les mains du juge, nous nous sommes transformés en touristes, pour passer le temps. Nous mettons donc à profit ces quelques semaines pour découvrir le pays de notre petite princesse des Andes.

Première destination : Villa de Leyva. un petit village de 4000 habitants, totalement préservé et classé. Le plus beau village de l'époque coloniale en Colombie.

Aller à Villa de Leyva relève pour ainsi dire du voyage dans le temps. D'abord parce que bien que situé à seulement 150 km environ de Bogota, il faut bien 4h pour l'atteindre, par de petites routes de montagnes, qui nous ramènent déjà à elles-seules plusieurs décennies en arrière ! Routes vertigineuses à flanc de montagne, parfois écroulées en partie (mais c'est très bien signalé en amont - ndlr pour calmer les légitimes inquiétudes maternelles), sur lesquelles circulent des camions dont on se demande comment ils ont fait pour arriver là, des vélos, des paysans avec leur charette et tout un peuple de marcheurs, avec leurs poncho et leur chapeau...

Première petite halte dans le passé : on fait un bond de 2 siècles en arrière, nous voilà en 1819, un arrêt à Puente Boyaca, haut lieu de la guerre d'indépendance de la Colombie. Nous retrouvons l'incontournable Bolivar et découvrons ce pont qu'il fallut emporter de haute lutte contre l'armée du roi d'Espagne pour ouvrir la route de Bogota.

Paul exulte : il y a des soldats en uniforme d'époque, et la flamme du souvenir qui brûle, comme sous notre Arc de Triomphe.






Et pendant que les hommes explorent, maman câline !

mercredi 18 janvier 2012

Colombie, le pays de l'El Dorado

Aujourd'hui, au programme : le "Museo de Oro".

C'est la banque nationale de Colombie qui, il y a qq années, a décidé de racheter et de réunir les trésors des civilisations précolombiennes que les gens vendaient au poids de l'or, dilapidant ainsi le patrimoine national.

Excellente surprise : c'est un musée moderne, avec une jolie architecture et une muséographie très bien faite, que nous découvrons... Nous allons de salle en salle et de merveilles en merveilles !!! Et c'est là qu'on voit combien en Europe nous savons peu de choses sur ces civilisations, très développées, et sur leur histoire.

Equipé d'un audio-guide en français, Paul a été très attentif et intéressé... du coup, nous y avons quand même passé 3 heures !!!!

Et Isaure, me direz-vous ? Et bien, la jolie demoiselle, comme à chaque fois que nous sommes en balade, a été tout simplement adorable : elle a dormi pendant 2 heures, a pris son bib du goûter en regardant les belles choses brillantes et dorées qu'elle avait sous les yeux... puis a fini la visite bien réveillée mais calme dans son cosy.

Y'a pas à dire : elle est vraiment super cool !!! Et peut-être que nous aussi ! Car ce qui est sûr, c'est que nous n'aurions pas tenté le quart de la moitié de tout ça avec Paul au même âge !!!

Pour le plaisir des yeux, donc, quelques images des merveilles du musée (images internet car les photos sont interdites dans le musée)

Pièce d'orfèvrerie destinée à un chamman, représentant un homme mi-chauve-souris, mi-jaguar, deux animaux très présents dans les symboles pré-colombiens

Parure de cacique (chef), ressemblant à s'y méprendre - pour ceux qui connaissent - à la parure du chef dans les Cités d'or !!!

Parure complète de Cacique... la mise en scène est très bien faite avec la projection en ombre chinoise d'un corps d'homme pour se rendre compte de l'ensemble.

Ca, c'est la salle qui vient illustrer la légende de l'El Dorado : les indiens muiscas organisaient périodique de grandes cérémonies, au cours desquelles le chef jetait des offrandes d'or au fond d'un lac, les lacs étant censés être des portes d'entrée vers les entrailles de la terre. La salle donne l'impression d'entrer au fond de ce lac et de contempler les trésors jetés au fond par les indiens... C'est assez magique comme mise en scène !

Et voilà enfin la fameuse barque muiscas, qui est la pièce la plus connue de la collection du museo de oro. Elle représente précisément la scène où le cacique, entouré de ses prêtres, monte dans une barque à 6 rameurs pour rejoindre le centre de la lagune pour y faire ses offrandes.

Voilà, on s'en est mis plein les yeux, j'espère que vous aussi, à la petite mesure de ce que ce blog peut permettre !

Première étape : OK !

Hier matin, nous avions donc rendez-vous au Bienestar familiar, équivalent de notre service d'aide sociale à l'enfance, pour obtenir de l'assistante sociale 3 précieux sésames :
- l'acte par lequel la garde officielle d'Isaure nous est transférée (jusqu'ici, c'était la Casa qui exerçait cette garde)
- l'avis favorable de l'assistante sociale pour la poursuite de la procédure, élément indispensable pour que notre avocate puisse déposer le dossier chez le juge
- le papier d'identité provisoire d'Isaure, qui nous permet de voyager avec elle à travers la Colombie.

Le rendez-vous était à 10h, par peur des bouchons, Jairo nous envoie un taxi à 9h15. Nous arrivons donc, comme il se doit, avec un quart d'heure d'avance. Et retrouvons sur place l'autre famille française qui avait normalement rdv avant nous...

... et c'est alors que nous comprenons que l'attente risque d'être longue... Et effectivement, ça dure, ça dure... Heureusement, Isaure, dans son cosy, dort comme une bienheureuse... on ne peut pas en dire autant du petit Jules de l'autre famille, qui du haut de ses 13 mois, ne sieste plus le matin... Les pauvres, ils ont un mal de chien à le tenir... Les 2 grands (Paul et Madeleine, la grande fille de 8 ans de l'autre couple) tuent le temps en faisant des dessins, allant réclamer au secrétariat du Bienestar une feuille toutes les 5 mn !!!!...

Finalement, nous passons avant l'autre famille !... mais à 11h30 bien sonnés !

L'entretien est très court, l'assistante sociale est malade, elle est sortie du fond de son lit sur l'insistance de la Casa juste pour nous et l'autre famille. Autant dire que c'est une formalité : la "defensora de familias" nous pose qq questions (comment ça se passe avec la petite ? comment vous sentez-vous en tant que parents ?...)

Un bon point pour nous : je parle espagnol (il s'est énormément amélioré déjà en une semaine, et est redevenu presque "fluent") et je sens qu'elle apprécie (je crois qu'elle était inquiète de nous savoir sans interprète).

Bref, moins de 10 mn plus tard, elle signe les papiers... mais ils sont truffés d'erreurs (dans les futurs prénoms d'Isaure... curieusement devenue Sahara Lina !!!... dans mes prénoms à moi... et nous résidons en Italie !!! La seule chose sur laquelle ils ne se sont pas trompés, c'est sur notre nom de famille, ce qui est bien la première fois !!!).

On lui fait refaire le tout, et nous voilà dehors avec nos précieux papiers ! Et voilà, la première étape de franchie, presque sans y faire attention. Direction la Notaria, pour faire authentifier tout ça... et Jairo se charge de la suite.

Ce soir, coup de fil de Jairo : notre dossier a été déposé au tribunal qui a procédé au tirage au sort du juge qui s'occupera de notre dossier. Il s'agit du juge n°7 (ça nous fait une belle jambe, hein !!!!). La seule chose que nous saurons, c'est qu'apparemment, nous avons de la chance, c'est un juge plutôt rapide...

Mais enfin, nous avons quand même devant nous au moins 15 jours - 3 semaines de temps à attendre que le processus judiciaire se fasse, on n'a plus besoin de nous qu'à la fin, pour signer les papiers.

Du coup, nous planifions pour cette fin de semaine d'aller passer 3 jours à Villa de Leyva, un petit village colonial totalement préservé et classé, à environ 100km de Bogota... mais 4 heures de voiture, routes de montagne obligent !

Et nous regardons pour aller passer une petite semaine à Carthagène...

Voilà pour le programme des semaines à venir !!!

lundi 16 janvier 2012

Le quotidien à 4

Quand on pense qu'on aurait du atterrir seulement hier et ne faire connaissance avec notre fille qu'aujourd'hui !!! Alors qu'on a l'impression d'avoir toujours été quatre !!!
Au
Isaure, comme tous les bébés de la Casa, avait un rythme... surprenant pour un bébé de son âge : à trois mois et demi, elle était encore à 1 bib toutes les 3 heures, jour et nuit ! Aujourd'hui, nous sommes revenus à un rythme déjà plus raisonnable de 4 bibs le jour... et toujours 2 la nuit... mais on ne désespère pas de descendre à un seul !!!

La pauvre petiote a pas mal de gaz... à moins que ça ne soit un reflux... toujours est-il qu'elle se tortille comme un ver en pleurant après presque tous les bibs... Depuis 24h, on essaye de la coucher légèrement inclinée et on a trouvé des gouttes censées aider à réduire les gaz... on va voir ce que ça donne...

Mais en dehors de ça, elle est vraiment cool, de plus en plus souriante et faisant des petits bruits, des aaaaaaaa, des brrrrrrrr (avec plein de bulles qui font beaucoup rire Paul !).


Philippe, lui, retrouve ses marques... et ses fourneaux !!!


L'après-midi, c'est promenade... en général pour le moment, pour faire des courses ou explorer le quartier


Bon, comme d'hab, vous n'aurez pas de photos de moi... Philippe étant toujours aussi allergique aux prises de vue...

Demain, grand jour : c'est le début du processus légal. Nous avons rdv à l'ICBF, l'équivalent de notre service d'aide sociale à l'enfance, pour que l'assistante sociale constate la bonne intégration d'Isaure dans la famille et délivre le nihil obstat pour la poursuite de la procédure.

Après ça, à nous la liberté : l'avocate va déposer le dossier chez le juge, et il n'y a plus rien à faire jusqu'à la signature des papiers définitifs... soit dans 2 à 4 semaines, suivant le juge sur lequel nous tomberons... Donc, nous allons commencer à regarder les visites en dehors de Bogota que nous aimerions faire pour patienter...

Notre installation

Comme la plupart le savent, nous avons eu la chance de trouver, avant de partir et par l'intermédiaire du foyer de Courset, un appartement qui appartient à un couple de colombiens qui habite à Paris. Ils ont eu l'immense gentillesse de le remeubler exprès pour nous : meubles, électroménager, vaisselle, draps, linge de toilette... tout jusqu'à la petite baignoire de bébé pour le bain d'Isaure !!!

Pour vous donner une idée, voici donc notre installation, c'est le grand luxe !!!

Le salon, très lumineux, avec balcon et cheminée

La cuisine américaine, tout équipée, avec sa "dispensa" comme dirait maman, où on trouve la machine à laver et à sécher le linge

Notre chambre, gigantesque, où on aperçoit le petit moïse d'Isaure, et également dotée d'un grand dressing et d'une salle de bain
La chambre de Paul, toute cosy, et où Adriana a fait remettre les jouets de sa fille, afin que Paul ait de quoi jouer !!!

S'ajoute à tout ça une 2ème sdb et un coin bureau !!!

C'est carrément le luxe, on est super bien, et l'oncle et la tante d'Adriana, notre propriétaire, sont aux petits soins avec nous, pour nous faire découvrir le quartier, nous emmener chercher notre portable colombien...

La belle vie ! Pour un peu, on aurait presque envie de s'installer pour de bon !!!

samedi 14 janvier 2012

Nos débuts de touristes à Bogota

Après trois jours passés à explorer prudemment les alentours de l'appartement, à repérer le supermarché, le centre commercial, la pharmacie, le magasin de puériculture, l'agence des télécoms (fichue connexion internet !!!)...

... nous avons décidé de voir plus grand aujourd'hui : nous avons donc commandé un taxi (pas au hasard, non, mais recommandé et brieffé par Jairo) pour aller passer l'après-midi dans le quartier de la Candelaria, le centre historique de Bogota.

Nous n'avons pas froid aux yeux puisqu'au programme il y a resto (avec les deux enfants...), visite d'églises, balade dans les rues...

Mais fort heureusement, Isaure ne dort jamais aussi bien que dans le cosy, du coup, une fois le bib avalé (pendant que papa prend l'apéro en goutant aux spécialités colombiennes), elle a dormi jusqu'au moment de reprendre le taxi pour rentrer... à 17h !!!

Jairo avait bien briefé notre chauffeur de taxi, qui nous a donc non seulement conduit à la Candelaria, mais nous a accompagné toute la journée, pour nous guider dans le dédale des petites rues, nous expliquer les monuments etc... Un monsieur charmant !

Paul a beaucoup apprécié la balade, décidément, il m'épate toujours avec sa soif de connaître et de voir des nouvelles choses...

Aller, avant de vous quitter, qq images pour la route...